Par la rédaction de ShootAfrica
Édito – Football / Équipe de France
Pierre Menès a encore frappé. Dans son émission Face à Pierrot, l’ancien chroniqueur de Canal+ a choisi de s’attaquer à une figure presque sacrée du football français : Zinédine Zidane. En anticipant la probable nomination du champion du monde 1998 à la tête de l’équipe de France après le départ annoncé de Didier Deschamps en 2026, Menès met en garde contre ce qu’il appelle un « état de grâce un peu indécent ».
Mais derrière cette pique, difficile de ne pas y voir une stratégie de communication bien rodée : pour exister médiatiquement, Menès choisit de viser l’icône incontestée du football mondial et français, celui que personne n’ose toucher.
🎯 Une sortie calculée : critiquer Zidane, c’est faire parler de soi
Depuis plusieurs années, Pierre Menès se distingue davantage par ses sorties médiatiques que par ses analyses sportives. Et cette nouvelle charge contre Zidane ne fait pas exception. En évoquant un « état de grâce indécent » et en rappelant qu’il ne « porte pas l’homme Zidane dans son cœur », le journaliste sait parfaitement où frapper.
Car s’en prendre à Zidane, c’est s’assurer une caisse de résonance maximale : chaque mot, chaque critique à son sujet déclenche une onde médiatique nationale.
Zidane, c’est l’homme qui transcende le foot français, triple vainqueur de la Ligue des champions avec le Real Madrid, respecté dans le monde entier, admiré même par ses anciens adversaires. Dans un paysage footballistique souvent divisé, il reste l’un des rares symboles unanimement respectés. Et c’est précisément cette intouchabilité qui attise la verve de Menès.
⚽ Zidane, symbole d’une continuité plus que d’un miracle
Sur le fond, Pierre Menès n’a pas tort de rappeler que Zidane ne transformera pas l’équipe de France par magie. Le futur sélectionneur ne disposera pas d’un effectif différent, ni d’un réservoir de talents soudainement élargi. Mais réduire Zidane à un simple gestionnaire d’ego serait un raccourci un peu facile.
Car au-delà de son palmarès, Zidane a prouvé sa capacité à fédérer, à gérer les pressions les plus extrêmes et à faire triompher la sérénité dans des environnements explosifs — qualités que peu d’entraîneurs possèdent à ce niveau.
Le charisme, la légitimité et le respect qu’il inspire peuvent constituer une transition naturelle après l’ère Deschamps, sans pour autant effacer les immenses réussites de ce dernier. L’histoire du football français n’est pas une rivalité entre deux monuments : c’est une continuité entre deux héritages.
🗣️ “Saint Zidane”, vraiment ?
Ironiser sur le “culte Zidane” est tentant. Pierre Menès l’a fait avec le ton provocateur qu’on lui connaît :
« Quand Saint Zidane va arriver à la tête de l’équipe de France, tout le monde va forcément trouver tout formidable. »
Une formule habile, mais réductrice. Car si l’attente autour de Zidane frôle parfois la ferveur religieuse, c’est aussi parce qu’il incarne quelque chose de rare dans le football moderne : le respect, la dignité et la réussite silencieuse.
Des valeurs qui, paradoxalement, contrastent avec la communication souvent brutale et clivante de Menès.
✍️ En conclusion : une polémique utile ?
En définitive, cette sortie de Pierre Menès n’apprend rien de neuf sur Zidane — mais elle en dit beaucoup sur l’état du débat médiatique.
Critiquer Zidane, c’est exister un instant. Le “buzz” avant tout, la nuance après.
Et si Menès promet de “juger Zidane objectivement”, ses mots trahissent une forme d’amertume : celle de voir une légende rester intouchable, là où lui, le polémiste, doit redoubler d’efforts pour continuer à peser dans la conversation.
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