Dans le football africain, certains choix d’entraîneurs peuvent surprendre. Celui de Rhulani Mokwena à la tête du MC Alger en fait clairement partie. Comment un technicien dont une grande partie de la carrière s’est construite dans l’ombre, en tant qu’adjoint, peut-il se retrouver aux commandes d’un des clubs les plus puissants et les plus exigeants du continent ?
Le Mouloudia d’Alger n’est pas un club comme les autres. Fondé en 1921, le MCA est l’une des institutions majeures du football africain. Avec ses millions de supporters et une pression populaire constante, chaque entraîneur qui s’assoit sur son banc sait qu’il entre dans un environnement où seule la victoire est tolérée. Le club dispose en outre de l’un des budgets les plus importants du continent et d’une ambition clairement affichée : dominer le football algérien et s’imposer durablement sur la scène africaine.
Dans ce contexte, la nomination de Mokwena soulève de nombreuses interrogations. Le technicien sud-africain s’est d’abord construit comme adjoint auprès d’entraîneurs comme Josef Zinnbauer, aujourd’hui à la tête de la JS Kabylie, ou encore Milutin Sredojević, récemment limogé par l’ES Sétif. Un parcours respectable, certes, mais qui interroge lorsqu’il s’agit de prendre les rênes d’un mastodonte comme le MCA.
Certes, Mokwena a connu des passages remarqués sur des bancs prestigieux. Il a notamment dirigé Mamelodi Sundowns en Afrique du Sud et Wydad Athletic Club au Maroc. Deux institutions majeures du football africain. Mais malgré leur stature continentale, ces expériences n’ont pas forcément préparé le technicien à l’environnement unique du Mouloudia d’Alger, où l’exigence populaire, médiatique et sportive atteint un niveau rarement égalé.
Sur le plan sportif, la situation actuelle renforce le débat. Le Mouloudia occupe la tête du championnat d’Algérie, un résultat positif qui témoigne de la qualité de l’effectif et du travail effectué. Mais les éliminations en Ligue des champions de la CAF et en Coupe d’Algérie laissent un goût d’inachevé pour un club qui vise naturellement les sommets.
À cela s’ajoute la question du salaire du technicien sud-africain. Avec les moyens financiers dont dispose le MCA, nombreux sont les observateurs qui estiment que le club aurait pu attirer un entraîneur au CV plus étoffé et à l’expérience plus solide au très haut niveau.
Le débat est donc ouvert : Rhulani Mokwena est-il l’homme de la situation pour le MC Alger ? Ou le Mouloudia, avec son histoire, ses moyens et l’immense attente de ses supporters, aurait-il dû viser un profil encore plus confirmé ?
Dans un club comme le MCA, le temps de la patience est souvent très court. Et dans la capitale algérienne, une seule chose finit toujours par trancher les débats : les résultats.

