Rigobert Song : “Le football, c’est toute ma vie”

Tiré de FIFA.COM

Rigobert Song s’apprête à connaître sa première expérience en Coupe du Monde en tant que sélectionneur

  • Recordman de sélections avec le Cameroun, nommé sélectionneur des Lions Indomptables en février dernier, Rigobert Song affiche ses ambitions pour la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™
  • Dans cet interview, l’ancien capitaine camerounais parle des liens forts qu’il entretient avec Samuel Eto’o, le Président de la Fédération Camerounaise de Football 
  • Logé dans le groupe G, le Cameroun défiera le Brésil, la Suisse et la Serbie

Il incarne le football camerounais. Capitaine emblématique des Lions Indomptables, Rigobert Song a été le fer de lance de la génération dorée de la sélection du Cameroun. Double vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations en 2000 et 2002, Song veut inculquer un nouvel état d’esprit au sein de la tanière.

Après avoir affûté ses armes auprès de la sélection camerounaise U23, le natif de Nkeng Likok, se retrouve sur le banc des A. Meneur d’hommes, au quotidien, il développe une approche très paternaliste avec son équipe, où il a su jongler entre autorité, recadrage et convivialité.

Absent lors de la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™, Rigobert Song s’est lancé le défi de redorer le blason des Lions Indomptables lors de cette campagne au Qatar, où le Cameroun ne compte pas faire de la figuration, et affiche de grandes ambitions.

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Rigobert Song, le sélectionneur du Cameroun, heureux de la qualication des Lions Indomptables pour le Mondial au Qatar

FIFA+ : Rigobert Song, 12 ans après votre dernière apparition dans une Coupe du Monde en tant que joueur, vous vous apprêtez à connaître votre première expérience sur le banc des Lions Indomptables A pour une phase finale compétition internationale. Quels sentiments vous animent ? 

Rigobert Song : Tout d’abord, c’est un sentiment de fierté. La fierté et la responsabilité d’engager un nouveau challenge aux couleurs de la nation. C’est un moment spécial que nous vivons. 

On sent que vous vous plaisez à être sélectionneur. Vous avez longtemps fait vos classes, avec les U-23 maintenant les A, en quoi cette fonction est-elle si spéciale pour vous ? 

Le football c’est d’abord ma vie. C’est toujours un plaisir de transmettre mes expériences à la nouvelle génération. Je leur inculque le fighting spirit et la détermination dans chaque engagement qu’ils entreprennent. Ce qu’on appelle chez nous le “hemlé”: être fort mentalement, être courageux, être vaillant à toute épreuve. 

Dernière apparition de Rigobert Song en tant que joueur en Coupe du Monde en Afrique du Sud en 2010.

Après la Coupe d’Afrique des Nations qui a eu lieu en début de cette année au Cameroun, Eric Maxim Choupo-Moting hésitait à revenir en sélection. Quel a été votre discours pour le ramener dans l’équipe?

Premièrement, le président de la Fecafoot, Samuel Eto’o, est allé vers lui. Ils ont longtemps échangé. Il a vraiment voulu rassurer le joueur. En conséquence, vis-à-vis de ses interrogations, le Président a tout mis en œuvre pour que l’environnement des joueurs, Eric Maxim y compris, soit plus confortable en sélection. Choupo-Moting est un excellent attaquant, un cadre des Lions Indomptables. Le pays a besoin qu’il soit au top de sa forme pour les prochaines échéances. 

Lors de votre campagne de qualification pour le Mondial au Qatar, alors que vous perdiez votre première bataille contre l’Algérie, vous sortez alors un discours qui résonne encore dans les mémoires avec cette “théorie du danger”. Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment vous vous êtes senti à ce moment précis, et surtout qu’est-ce cette théorie du danger ? 

Cette théorie est simple et elle m’est venue naturellement. Elle s’applique également à notre quotidien. Quand vous vous trouvez face à une situation, comme cela fut mon cas, après le match contre l’Algérie où nous perdons à Douala, à domicile. Il fallait que je prenne les choses en main. À cet instant, l’équipe est en danger, donc lorsque vous savez que vous êtes en danger, en fait vous n’êtes plus en danger. Puisque vous prenez conscience de ce danger. Cependant, quand vous ne savez pas que vous êtes en danger, c’est à ce moment-là que vous êtes en danger. Nous étions au pied du mur, et nous n’avions plus d’autre choix que de battre l’Algérie chez elle, pour nous qualifier.

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Les derniers conseils de Rigobert Song, lors du match de qualification contre l’Algérie

Depuis quelque temps, on sent un nouveau souffle au sein de la Fecafoot. Il y a eu l’élection de Samuel Eto’o à la présidence de la fédération, quelques mois plus tard votre nomination en tant que sélectionneur, puis dernièrement Patrick Mboma vous a rejoint en tant qu’ambassadeur. Vous trois, avez écrit une des plus belles pages du football camerounais. Comment sont définis vos rôles et surtout quelles relations entretenez-vous ? 

Il est vrai que nous avons partagé de bons moments en sélection. C’est très facile de collaborer avec eux. Aujourd’hui, nous nous retrouvons dans un environnement, dans lequel nous devons transmettre notre expérience et notre vécu à la nouvelle génération. Nous travaillons en symbiose Cependant, comme j’ai l’habitude de dire : “chacun reste dans son couloir”. Le Président de la fédération camerounaise de football, Samuel Eto’o Fils est dans son rôle, avec tout ce qu’il apporte. Patrick Mboma fait de même dans sa fonction d’ambassadeur, et moi je suis le sélectionneur des Lions Indomptables du Cameroun. Nous sommes en symbiose, comme nous l’étions sur le terrain. C’est une nouvelle structuration. Et il était temps que des anciens joueurs s’associent pour le bon déroulement de notre football, car nous savons gérer tous les aspects de ce jeu, que cela soit sur le carré vert ou en dehors. Nous allons tout mettre en œuvre pour atteindre nos objectifs. 

Rigobert Song avec Samuel Eto’o après la qualification du Cameroun pour la Coupe du Monde

Le Cameroun est logé dans le groupe G avec la Serbie, la Suisse et le Brésil. Comment voyez-vous chaque sélection ? 

Attention, il n’y a pas de petites équipes à ce niveau. Aucune de ces équipes ne découvre la Coupe du Monde. On a tous une histoire avec cette compétition. Tout le monde est pris au sérieux. Maintenant, nous nous préparons très bien. La fédération met tout en œuvre pour que nous soyons dans les meilleures conditions au Qatar, afin d’être à la hauteur de cette compétition.

Cameroun – Brésil | Groupe A | Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™ | Résumé vidéo

Regardez les moments forts du match Cameroun – Brésil joué à l’Estádio Nacional, Brasília le lundi 23 juin 2014.

À quelques semaines du coup d’envoi, avez-vous plus ou moins, les noms des 26 acteurs camerounais qui seront au Qatar? 

Je n’ai pas, précisément les 26 pour le Qatar. Par contre, j’ai une idée qui est plus ou moins claire à ce moment précis. Mon staff ainsi que moi-même continuons à suivre les joueurs dans leurs clubs. On échange avec eux, afin de pouvoir faire en sorte de les mettre dans de bonnes conditions et qu’ils soient disponibles au moment venu. Vous savez, il peut y avoir des blessés.

Quels sont vos critères de sélection ? 

La performance ! Notre critère principal. L’influence qu’ils ont dans leur clubs respectifs. Nous devons présenter un groupe compétitif, à la hauteur de nos attentes et nous n’avons plus le temps, la Coupe du Monde va arriver très vite.

Pour la première fois, cinq sélectionneurs africains seront à la tête des cinq équipes qui prendront part à ce Mondial. Votre avis ? 

Cela démontre que le continent africain a beaucoup appris et a compris qu’il fallait donner l’opportunité aux entraîneurs locaux. Les choses évoluent. C’est encourageant. Il suffit juste d’instaurer une relation de confiance. Nous cinq, nous avons montré que nous pouvons être africain et capables de manager des équipes. 

Dans mes échanges avec Samuel Eto’o, je dis souvent : “Monsieur le Président, vous avez pris un gros risque en me désignant sélectionneur des Lions Indomptables.” Il me rétorque : “Non ! Ce n’est pas un risque. Je crois en vous”. Dès lors, on comprend très bien sa détermination. C’est un plaisir de travailler dans ces conditions. Cela vous motive.

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Samuel Eto’o, le Président de la fédération camerounaise de football, a dit récemment que “les Lions Indomptables n’iront pas au Qatar en balade” et qu’il voulait plus qu’un quart de finale. Est-ce possible ? 

Nous sommes en phase avec son discours. Samuel Eto’o est un compétiteur. Lorsque vous avez un président d’une fédération, de l’aura de Samuel Eto’o, c’est d’abord un honneur de collaborer avec lui. Quand il dit quelque chose, cela nous pousse à aller au-delà de ce qu’il pense. Il sait que quoi qu’il parle, il sait que tout est possible dans le football. C’est un énorme défi, et nous ferons tout pour être à la hauteur de la dimension de ses attentes. 

Le peuple camerounais reste sur une blessure. Cette Coupe du Monde 2014 au Brésil, où le Cameroun a été éliminé dès la phase de groupe, en n’ayant engrangé aucun point. Pouvez-vous garantir que les Lions Indomptables version 2022 ne répéteront pas les erreurs de leurs aînés ? 

Les Coupes du Monde se suivent mais ne se ressemblent pas. Le passé c’est le passé. Aujourd’hui, il y a une nouvelle dynamique, il y a de nouveaux projets et des nouveaux dirigeants. Je ne dirai pas que 2014 a été une erreur. Mais je peux vous dire que nous ne serons pas sujets aux mêmes problématiques dont nous avons fait face au Brésil. 

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