Par Yassine Bouali
À bientôt 35 ans, Riyad Mahrez, capitaine emblématique des Fennecs, cristallise les débats. Encensé pour ses performances en club avec Al Hilal, où il vient de remporter la Ligue des champions asiatique, il a pourtant été vivement critiqué lors du dernier rassemblement de l’équipe d’Algérie. Les prestations en demi-teinte face au Rwanda et à la Suède, combinées à une impression de déclin sur le terrain, relancent une question devenue récurrente : Mahrez est-il encore indispensable aux Verts ?
🔵 Un champion dans le Golfe
Difficile de parler d’un joueur « fini » quand il sort d’une saison aussi brillante sur le plan individuel. En Arabie Saoudite, Mahrez a montré qu’il n’avait rien perdu de sa vista. Meneur d’Al Hilal, il a été l’un des artisans majeurs de leur sacre continental. Buteur, passeur, chef d’orchestre : son influence a été totale. Son expérience, sa qualité technique et sa gestion des temps forts restent largement au-dessus du niveau régional.
Mais le football de sélection n’est pas celui de club. Et chez les Fennecs, les choses se compliquent.
🔶 Un leadership en question
Mahrez, capitaine depuis plusieurs années, est plus que jamais contesté. Non pas pour son comportement – irréprochable au sein du groupe – mais pour son impact sur le terrain. Lourd, prévisible, trop porté sur la conservation du ballon, il a semblé déconnecté du rythme international. Contre le Rwanda, son influence a été minimale. Contre la Suède, il a été transparent.
Ce constat, partagé par une partie du public et de la presse, inquiète. Car plus que ses performances individuelles, c’est le projet collectif algérien qui semble freiné par la présence d’un Mahrez moins tranchant.
🟢 Le poids de l’héritage
Il est toutefois impossible d’ignorer ce que représente Mahrez pour l’Algérie. Meilleur joueur africain 2016, vainqueur de la CAN 2019, architecte des grandes épopées avec Belmadi, il est l’un des plus grands noms de l’histoire des Fennecs. Son aura dépasse le rectangle vert : Mahrez, c’est un repère, un leader, une institution.
Mais comme pour toutes les légendes, vient le moment délicat de la transition. Et cette transition, l’Algérie peine à la gérer.
🌱 Place aux jeunes ?
Ils frappent à la porte : Farès Chaïbi, Amine Gouiri, Mohamed Bachir Belloumi, Badredine Bouanani… Autant de jeunes talents qui peuvent faire souffler un vent de fraîcheur sur le jeu des Verts. Leur dynamisme, leur vitesse et leur capacité à jouer sans complexe correspondent mieux aux exigences actuelles du football moderne.
Faut-il pour autant jeter Mahrez avec l’eau du bain ? Certainement pas.
⚖️ Quelle gestion pour l’avenir ?
La vraie question n’est pas de savoir si Mahrez doit partir, mais comment le staff doit l’utiliser. Faut-il le préserver pour les matchs à enjeu élevé ? Le faire entrer en fin de match pour gérer les temps faibles ? Le repositionner en meneur axial plus reculé pour réduire les courses ?
Le sélectionneur devra trancher. Le gérer avec lucidité, sans lui manquer de respect, mais en plaçant l’intérêt collectif au-dessus des symboles.
🟠 Verdict : une légende face à son crépuscule
Le cas Mahrez illustre la complexité de la gestion des fins de cycle. Il n’est ni « fini », ni indispensable. Il est entre deux mondes : celui de la légende passée et du rôle à réinventer. En équipe nationale, l’émotion ne suffit plus. La performance prime. Et aujourd’hui, la question n’est pas de savoir si Riyad Mahrez est encore un grand joueur. Elle est de savoir s’il est encore le joueur qu’il faut aux Fennecs pour bâtir l’avenir.

