Il est temps de dire stop. Stop à ces polémiques recyclées, artificiellement entretenues, qui ressurgissent dès qu’il s’agit d’évoquer les choix de sélection des années 80. Stop à cette relecture biaisée de l’histoire du football algérien, nourrie par des frustrations personnelles et amplifiée par une certaine presse en quête de sensationnel.
Car soyons clairs : ce débat n’est pas un débat sportif sincère. C’est une construction. Une manipulation. Une manière de raviver des rancœurs anciennes en les présentant comme des injustices historiques.
À écouter certains, on croirait que les décisions prises à l’époque relevaient de l’arbitraire ou de l’exclusion injustifiée. C’est faux. Totalement faux. Les choix opérés par Mahieddine Khalef et Rachid Mekhloufi répondaient à une logique claire, exigeante, et profondément professionnelle. Celle du haut niveau.
Une Coupe du monde ne se gagne pas avec des regrets ou des noms sur le papier. Elle se prépare avec un groupe cohérent, complémentaire, solide mentalement et tactiquement. Et cela implique forcément des décisions difficiles. Des choix qui laissent certains joueurs de côté. Non pas par injustice, mais parce que l’équilibre collectif passe avant tout.
Ceux qui, aujourd’hui encore, n’ont pas digéré leur mise à l’écart devraient avoir l’honnêteté de reconnaître une chose essentielle : l’histoire a donné raison aux sélectionneurs.
Car cette équipe-là n’a pas seulement participé. Elle a marqué à jamais le football mondial en réalisant l’un des plus grands exploits de son histoire : battre la grande République fédérale d’Allemagne. Une équipe mythique, composée de joueurs de classe mondiale, redoutés sur toutes les pelouses.
Ce jour-là, ce n’est pas une addition de talents qui a gagné. C’est un collectif. Une organisation. Une vision. Celle de Khalef et Mekhloufi.
Alors, venir aujourd’hui remettre en cause leurs choix, des décennies plus tard, c’est non seulement injuste, mais profondément irrespectueux.
Le plus regrettable, c’est le rôle joué par certains médias dans cette dérive. À force de relancer ces sujets sous un angle polémique, ils ne font qu’alimenter des tensions inutiles. Ils transforment des décisions sportives complexes en procès d’intention. Ils donnent une tribune à des frustrations individuelles en les maquillant en débats d’intérêt général.
Mais la vérité est simple : on ne réécrit pas l’histoire avec les émotions du présent.
Le football algérien a déjà trop souffert de divisions, de querelles et de règlements de comptes. Il mérite mieux que cela. Il mérite qu’on honore ses bâtisseurs, qu’on respecte ses symboles, et qu’on protège la mémoire de ceux qui ne sont plus là pour répondre.
Mahieddine Khalef et Rachid Mekhloufi ne sont pas seulement des noms. Ce sont des figures fondatrices. Des hommes qui ont porté la sélection nationale avec rigueur, intelligence et dignité. Leur héritage ne doit pas être sali par des polémiques tardives et stériles.
Oui, on peut débattre. Oui, on peut analyser. Mais avec honnêteté. Avec recul. Et surtout, avec respect.
Il est temps de tourner la page. Définitivement.
Parce que l’histoire du football ne se construit pas dans les studios ou dans les polémiques médiatiques. Elle s’écrit sur le terrain.
Et sur ce terrain-là, Khalef et Mekhloufi ont déjà gagné.

