Tunisie – Algérie : un derby brûlant pour une place historique en quart de finale de la CAN Féminine

Elles se connaissent. Trop, peut-être. Entre la Tunisie de Kamel Saada et l’Algérie de Farid Benstiti, tout semble les rapprocher : des joueuses formées dans les mêmes clubs français, parfois même passées par les mêmes vestiaires. Mais ce jeudi à 17h, au stade Père Jégo de Casablanca, l’heure ne sera plus aux souvenirs communs. Ce sera le moment de tout donner pour arracher une qualification historique en quart de finale de la CAN Féminine CAF TotalEnergies.

Ce premier derby maghrébin en phase finale d’une CAN Féminine n’est pas seulement une belle affiche régionale. C’est un tournant pour deux sélections aux trajectoires contrastées : la Tunisie, sonnée par une lourde défaite face au Nigeria (0-3), et l’Algérie, portée par un succès fondateur contre le Botswana (1-0).


🔴 Tunisie : réagir pour survivre

Le sélectionneur tunisien Kamel Saada l’a reconnu : « Le score est sévère, mais il ne reflète pas tout. On a tenu soixante minutes avant de craquer. » Reste que les statistiques sont inquiétantes : quatre défaites consécutives en phase finale, 388 minutes sans inscrire le moindre but depuis un succès contre le Togo en 2022, et aucune frappe cadrée contre le Nigeria.

Pour espérer se relancer, la Tunisie comptera sur Chrini Lamti, la milieu de terrain capable de casser les lignes et d’apporter un supplément d’âme, ainsi que sur la réaction collective d’un groupe blessé mais pas résigné. « Contre l’Algérie, ce sera un tout autre match. On joue gros : si on perd, on est presque éliminées », prévient Saada.


🟢 Algérie : confirmer pour écrire l’histoire

Côté algérien, l’ambition est claire : gagner pour se qualifier directement en quart de finale – une première dans l’histoire des Vertes. Après un succès maîtrisé contre le Botswana, marqué par un but de Ghoutia Karchouni et une solidité défensive, l’Algérie rêve de franchir enfin ce cap symbolique.

Farid Benstiti reste toutefois prudent : « La Tunisie mérite le respect. On les connaît bien, on a perdu contre elles récemment. C’est un match où le mental fera la différence. » L’Algérie pourra notamment compter sur Inès Belloumou, arrière gauche de Malmö, très en vue lors du premier match (89 touches de balle) et sur une équipe structurée, efficace et physiquement prête.


Les clés du match : intensité, réalisme et gestion de la chaleur

Tactiquement, les deux équipes misent sur un bloc médian, des transitions rapides et des pistons offensifs. L’Algérie part avec un léger avantage : plus de repères collectifs, plus de réalisme (7 tirs cadrés contre le Botswana) et une meilleure maîtrise technique (336 passes réussies à 77,8 %).

Mais le contexte d’un derby peut tout rebattre. La chaleur attendue à Casablanca et la tension d’un match couperet risquent de peser lourd sur les organismes… et sur les nerfs.


🏆 Un enjeu historique : écrire une page du football féminin maghrébin

Si l’Algérie gagne, elle se qualifiera pour les quarts de finale dès la deuxième journée – une première historique. Un nul laisserait encore toutes les chances ouvertes avant d’affronter le Nigeria. Pour la Tunisie, la victoire est quasiment obligatoire pour continuer d’y croire.

Au-delà du résultat, ce derby porte aussi un symbole fort : celui d’un football féminin maghrébin qui progresse, s’affirme et rêve enfin de briller sur la scène continentale.

Tunisie – Algérie, jeudi à 17h : un match à ne pas manquer. Parce qu’au bout, il y a plus qu’une victoire. Il y a peut-être l’histoire.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: