Il y a des silences qui en disent long. Et d’autres qui deviennent assourdissants.
Depuis la défaite en finale de la CAN 2025 face au Sénégal, une rumeur enfle, grossit, se transforme en quasi-certitude dans certains cercles : Walid Regragui serait sur le départ. D’autres sources affirment exactement l’inverse. Au milieu de ce brouhaha : un vide. Celui de la Fédération Royale Marocaine de Football, seule institution habilitée à confirmer ou infirmer.
Et pour l’instant, la FRMF se tait.
Un silence qui alimente la suspicion
Dans le football moderne, le silence institutionnel n’est jamais neutre. Il nourrit les spéculations, attise les tensions, fracture l’opinion publique. À l’heure des réseaux sociaux et de l’information instantanée, laisser prospérer des versions contradictoires revient à perdre la maîtrise du récit.
Regragui est-il fragilisé par la défaite face au Sénégal ? Probablement. Toute finale perdue laisse des traces. Mais une défaite — même en CAN — suffit-elle à effacer le crédit d’un sélectionneur qui a marqué l’histoire récente des Lions de l’Atlas ? La question mérite mieux que des murmures de couloir.
Qui pilote réellement ?
Ce qui choque aujourd’hui, ce n’est pas une éventuelle remise en question sportive. C’est l’absence de cap clair.
Un grand pays de football ne peut pas fonctionner à coups de “sources proches du dossier” et de démentis officieux. Si un changement est envisagé, qu’il soit assumé. Si le sélectionneur est maintenu, qu’il soit publiquement soutenu.
Le flou est une faute stratégique.
Les joueurs observent. Les supporters s’interrogent. Les adversaires analysent. Pendant ce temps, l’incertitude s’installe au sommet de la sélection du Royaume chérifien.
Le respect d’une institution passe par la clarté
Qu’on aime ou qu’on critique Regragui, il mérite une communication digne. On ne gère pas l’avenir des Lions de l’Atlas dans l’ombre.
Aujourd’hui, une seule vérité s’impose : sans annonce officielle de la Fédération Royale Marocaine de Football, Walid Regragui reste le sélectionneur du Maroc.
Le reste n’est que spéculation.
Mais ce silence prolongé est en train d’abîmer l’image d’une fédération qui, ces dernières années, avait justement gagné en crédibilité et en stature continentale.
ShootAfrica pose la question
Qui dit vrai ? Qui instrumentalise l’information ? Qui teste l’opinion publique ?
Le football marocain mérite mieux que des rumeurs orchestrées ou des règlements de comptes déguisés en “breaking news”.
La balle est désormais dans le camp de la FRMF.
Soit elle tranche.
Soit elle assume.
Mais qu’elle parle.
Parce que dans ce dossier, le vrai problème n’est peut-être pas le départ ou non de Regragui.
Le vrai problème, c’est le silence.

