Algérie : À Boudjellil, Mounir Chabane en première ligne pour défendre le sport local

Boudjellil – Dans cette commune perchée entre montagnes et vallées, le sport est bien plus qu’un loisir : c’est un souffle de vie, une fierté partagée. Pourtant, derrière l’enthousiasme des jeunes athlètes, une réalité tenace freine leur élan : l’absence criante d’infrastructures sportives.

Face à ce constat, un visage s’impose : Mounir Chabane, représentant des clubs de Boudjellil, qui a décidé de prendre la plume pour interpeller le Directeur de la Jeunesse et des Sports de la wilaya de Béjaïa. Dans sa lettre datée du 15 août, il décrit sans détour les difficultés quotidiennes rencontrées par les équipes locales.

« Nos clubs ne disposent ni de stade, ni de salle omnisports pour s’entraîner ou accueillir les compétitions. Nous sommes souvent obligés d’improviser, de quémander des autorisations, ou de supporter des coûts qui ne devraient pas exister », explique-t-il, avec une pointe d’amertume mais aussi une grande détermination.

Et pourtant, malgré ces obstacles, les résultats sont là. Le MCB Volley-ball Boudjellil a vu émerger une pépite, Hadjer Benaoudjit, aujourd’hui sélectionnée en équipe nationale. L’Association sportive Aftis multiplie les trophées en arts martiaux, avec pas moins de quatre titres récents en Hapkido, Muay Thai et Kick Boxing. Des noms comme Arezki Amel, Habtiche Chérif ou encore Arezki Sara résonnent déjà comme des modèles pour toute une génération.

Pour Chabane, ces succès illustrent un potentiel immense, qui ne demande qu’à être soutenu :

« Nos jeunes ont montré que la passion et le travail acharné pouvaient les mener loin. Mais sans infrastructures adaptées, nous risquons de briser des rêves. Le sport doit devenir une chance pour Boudjellil, pas un parcours du combattant », plaide-t-il.

Dans les rues de Boudjellil, les habitants partagent ce même sentiment. Samir, un jeune footballeur de 16 ans, résume avec simplicité :

« On veut juste jouer comme les autres. On rêve de porter un jour les couleurs de l’Algérie, mais sans terrain, on s’entraîne où on peut, parfois même sur des routes poussiéreuses. »

De leur côté, les parents s’inquiètent. Makhlouf, Père d’un jeune volleyeur, confie :

« Nos enfants se donnent à fond, mais ils n’ont pas les moyens de progresser comme ils le méritent. Ce serait un gâchis de ne pas les aider. »

Son appel, relayé avec insistance, dépasse les simples clubs. C’est toute une commune qui espère voir ses enfants pratiquer le sport dans la dignité, loin des improvisations et des privations.

En se faisant la voix de Boudjellil, Mounir Chabane s’affirme aujourd’hui comme le porte-étendard d’une jeunesse qui refuse de se résigner. Son combat n’est pas seulement celui des clubs, mais celui de toute une communauté qui veut croire en l’avenir du sport comme moteur de cohésion et d’épanouissement.

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