Rachid Djari, le canonnier de Beni-Mansour qui a marqué l’histoire de l’Olympique Akbou

Le football algérien des années 70 a vu éclore des talents bruts, capables de marquer une génération sans jamais bénéficier de l’éclairage médiatique d’aujourd’hui. Parmi eux, un nom résonne encore dans la vallée de la Soummam et au-delà : Rachid Djari, natif de Beni-Mansour. Véritable canonnier, cet avant-centre au physique d’athlète et à la frappe dévastatrice fut l’une des grandes figures de l’Olympique Akbou, marquant de son empreinte la division d’honneur de l’Est algérien.

Le duo mythique avec Bachir Chekri

À Akbou, sous la direction de l’entraîneur Alloua Khima, Djari forma avec le capitaine et meneur de jeu Bachir Chekri l’un des duos offensifs les plus redoutables de l’époque. Leur complémentarité faisait trembler toutes les défenses : Chekri à la baguette, visionnaire et maître du jeu, Djari à la conclusion, finisseur chirurgical et redoutable dans les airs. Ensemble, ils ont incarné le visage offensif d’un club ambitieux et respecté.

Un athlète complet, entre cross-country et football

Rachid Djari ne se résumait pas à ses buts. Vice-champion d’Algérie militaire en cross-country, il possédait une endurance et une explosivité rares, qui faisaient de lui un attaquant complet. Dans la surface, il se muait en prédateur, utilisant sa puissance physique, son sens du placement et une frappe de balle considérée comme l’une des plus lourdes du football algérien. Ses adversaires, de Cheniti à Baghloul, se souviennent encore de ses frappes chirurgicales et de son jeu de tête dévastateur.

La fidélité à l’Olympique Akbou

Alors que des clubs prestigieux tels que l’Entente de Sétif, le CABBA Bordj Bou-Arréridj, le CSC Constantine ou le Hamra Annaba lorgnaient sur lui, Rachid Djari fit le choix de la fidélité. À une époque où le football ne payait pas, il préféra rester fidèle au club de la vallée de la Soummam et embrasser une carrière de fonctionnaire aux chemins de fer. Un choix qui en dit long sur l’attachement d’une génération à son terroir et à ses couleurs.

Un accident tragique et une retraite paisible

Au début des années 80, la trajectoire du canonnier fut brutalement freinée par un grave accident de moto qui l’éloigna durablement des terrains. Il boucla néanmoins sa carrière au CR Mechedellah, toujours en division d’honneur, avant de raccrocher définitivement les crampons.

Aujourd’hui âgé de 70 ans, Rachid Djari vit une retraite tranquille dans son village natal. Fidèle à lui-même, il n’a jamais abandonné le ballon et continue de jouer avec les vétérans. Pour ceux qui l’ont vu évoluer, une certitude demeure : Djari était un phénomène d’attaquant, une terreur des défenses, à une époque où les statistiques ne permettaient pas d’immortaliser ses exploits.

L’histoire d’un homme et d’un club

Si l’Olympique Akbou a pu s’offrir ce joyau offensif, c’est grâce à l’initiative d’hommes de passion : Hsisou, propriétaire de la seule crémerie d’Akbou à l’époque, et Da Amar Boukir, président du club, qui ramenèrent Rachid Djari dans l’effectif. Un choix visionnaire, qui marqua durablement l’histoire du club et du football amateur en Algérie.


👉 Rachid Djari restera à jamais dans l’histoire comme l’un des plus grands canonniers du football amateur algérien, un joueur fidèle, généreux et respecté, dont la légende continue de vivre sur les terrains de la Soummam.

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