Il y a des erreurs d’arbitrage qui déclenchent des tempêtes médiatiques pendant des semaines. Et puis il y a celles qui semblent disparaître dans un silence assourdissant.
Lors de la rencontre entre le Cap-Vert et l’Uruguay, une action survenue dans les dernières secondes a laissé de nombreux supporters capverdiens avec un sentiment d’incompréhension. Plus encore que la décision de l’arbitre, c’est l’absence de débat qui interpelle. Pas de grands plateaux enflammés, pas de polémique internationale, pas de mobilisation massive des consultants habituellement prompts à disséquer chaque décision litigieuse.
Comme si l’identité des équipes concernées déterminait parfois l’ampleur de l’indignation.
Si la même situation avait impliqué une grande nation du football mondial, l’épisode aurait-il bénéficié de la même discrétion ? La question mérite d’être posée. Car au-delà du seul Cap-Vert, c’est la place accordée aux petites nations dans le récit du football mondial qui est en jeu.
Le Cap-Vert réalise pourtant une Coupe du monde remarquable. Pour sa première participation, la sélection africaine a tenu tête à des adversaires prestigieux et démontré qu’elle méritait sa place sur la plus grande scène du football. Mais lorsque survient une décision susceptible d’influencer son destin, le débat semble soudain s’éteindre avant même d’avoir commencé.
Le problème n’est donc pas seulement l’arbitrage. Le problème est aussi ce qui suit : le manque de curiosité, le manque d’exigence et parfois le manque de considération dont souffrent encore les nations émergentes du football international.
Les grandes équipes bénéficient d’une caisse de résonance mondiale. Les plus petites, elles, doivent souvent se contenter de l’écho de leur propre indignation.
Et c’est peut-être cela, au fond, la véritable injustice.

