Déroute face à la Suède : avant de juger Lamouchi, les véritables responsables sont ailleurs

La gifle reçue face à la Suède (5-1) restera comme l’une des plus grandes humiliations de l’histoire récente du football tunisien. Une équipe dépassée, sans âme, sans repères et incapable de rivaliser avec une sélection suédoise pourtant loin d’être un ogre du football mondial.

Depuis le coup de sifflet final, toutes les critiques se concentrent sur Sabri Lamouchi. Oui, le sélectionneur porte une part de responsabilité. Oui, ses choix tactiques et son incapacité à donner une identité de jeu à cette équipe interrogent. Oui, son avenir à la tête des Aigles de Carthage semble plus que jamais compromis.

Mais réduire ce fiasco au seul nom de Sabri Lamouchi serait une erreur.

Les premiers responsables de cette catastrophe sont ceux qui ont décidé de le nommer.

Car une question s’impose : pourquoi être allé chercher un entraîneur étranger, sans véritable connaissance du football tunisien et africain, alors que la Tunisie regorge de techniciens compétents et expérimentés ?

Pourquoi avoir ignoré des entraîneurs qui connaissent parfaitement les réalités du football national, le profil des joueurs et la pression inhérente à la sélection tunisienne ?

Pourquoi ne pas avoir fait confiance à un technicien comme Djalel Kadri, qui a conduit la Tunisie à une victoire historique contre la France lors du Mondial 2022 et qui a toujours montré son attachement au maillot national ? Pourquoi avoir écarté des profils comme Mouine Chaâbani, l’un des entraîneurs tunisiens les plus titrés de ces dernières années ? Pourquoi ne pas avoir étudié sérieusement les candidatures de Khaled Ben Yahia, de Moez Bouakaz ou d’autres techniciens locaux dont les compétences ne sont plus à démontrer ?

Encore une fois, les dirigeants ont préféré regarder ailleurs, convaincus que la solution viendrait de l’étranger. Une vieille habitude qui coûte cher au football tunisien.

Cette défaite contre la Suède n’est pas seulement un échec sportif. C’est l’échec d’une gouvernance, d’une vision et d’une politique de gestion qui manque de cohérence depuis des années.

Les dirigeants ont choisi leur entraîneur. Ils lui ont donné les clés de la sélection. Ils ont validé son projet et son staff. Aujourd’hui, ils ne peuvent pas se dédouaner de leurs responsabilités en faisant de Sabri Lamouchi le seul fusible de cette débâcle.

Car si Lamouchi venait à être limogé dans les prochains jours, une autre question demeurerait : qui a pris la décision de le nommer ?

Le football tunisien a trop souvent recours à la politique du bouc émissaire. On change les entraîneurs, mais les décideurs restent les mêmes. On remplace le sélectionneur, mais les problèmes structurels demeurent.

Le véritable débat doit désormais s’ouvrir : jusqu’à quand les dirigeants de la Fédération tunisienne de football continueront-ils à prendre des décisions aussi contestables sans jamais rendre de comptes ?

La débâcle face à la Suède est peut-être le fiasco de Sabri Lamouchi sur le terrain. Mais elle est avant tout l’échec de ceux qui l’ont installé sur le banc de la sélection tunisienne.

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