ÉDITORIAL – Petkovic n’était pas l’homme de la situation, la FAF a persévéré dans son erreur

L’élimination de l’Algérie dès les seizièmes de finale de la Coupe du monde face à la Suisse (0-2) doit pousser les dirigeants à regarder la réalité en face. Car au-delà de la défaite, une question s’impose : pourquoi Vladimir Petkovic est-il toujours à la tête des Fennecs malgré des résultats qui ne justifient plus la confiance qui lui est accordée ?

Le technicien bosnien était présenté comme l’entraîneur capable de faire franchir un cap à cette génération talentueuse. Plus de deux ans plus tard, le constat est sans appel : aucune identité de jeu, aucune progression collective et aucun grand résultat.

Un des sélectionneurs les mieux rémunérés du continent

La Fédération algérienne n’a pas lésiné sur les moyens. Vladimir Petkovic figure parmi les sélectionneurs les mieux rémunérés d’Afrique et travaille dans des conditions que beaucoup de ses homologues africains peuvent lui envier.

Infrastructures, stages, logistique, stabilité institutionnelle, soutien affiché des dirigeants… tout a été mis en œuvre pour lui permettre de réussir.

Dans ces conditions, les exigences doivent être à la hauteur des moyens engagés.

Or, les résultats ne suivent pas.

Une CAN déjà décevante

Avant même cette Coupe du monde, plusieurs observateurs s’interrogeaient déjà sur le bilan du sélectionneur.

Lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, l’Algérie avait quitté la compétition dès les quarts de finale, loin des ambitions affichées. Certes, atteindre ce stade n’est pas un échec absolu pour toutes les sélections, mais pour une nation qui vise les titres continentaux et mondiaux, cela ne pouvait pas être considéré comme un véritable succès.

Pourtant, au lieu d’ouvrir un débat sur le projet sportif, la FAF a choisi de maintenir sa confiance.

Une prolongation au pire moment

La décision qui interroge le plus reste sans doute la prolongation de contrat accordée juste avant le début de la Coupe du monde.

Quel était le degré d’urgence ?

Pourquoi prolonger un sélectionneur avant l’échéance la plus importante de son mandat, alors que son véritable examen commençait précisément avec ce Mondial ?

Dans toutes les grandes nations de football, c’est généralement la compétition qui sert de juge de paix. En Algérie, la décision semblait déjà prise avant même le premier coup de sifflet.

Cette séquence laisse aujourd’hui un goût amer.

Une équipe sans âme

Face à la Suisse, l’Algérie n’a jamais donné l’impression de pouvoir rivaliser.

Aucun pressing coordonné, aucune animation offensive cohérente, aucune capacité à modifier le cours du match.

Le plus inquiétant n’est même pas le résultat, mais l’absence totale de progression après des mois de travail.

Les joueurs semblaient perdus sur le terrain, sans repères ni solutions.

Un sélectionneur est payé pour donner une identité à son équipe. Force est de constater que celle des Fennecs reste introuvable.

Les seuls perdants sont les supporters

Comme souvent, les conséquences ne seront pas les mêmes pour tout le monde.

Vladimir Petkovic repartira avec un contrat sécurisé, une rémunération importante et les primes prévues par son engagement, notamment celles liées au parcours réalisé pendant la Coupe du monde.

Les dirigeants continueront probablement à expliquer que le projet est sur la bonne voie.

Mais les supporters, eux, repartent une nouvelle fois avec une immense déception.

Ils avaient rêvé d’un Mondial capable de relancer le football algérien. Ils assistent finalement à une élimination précoce, sans émotion, sans révolte et sans véritable identité de jeu.

Jusqu’à quand ?

Le plus inquiétant n’est peut-être pas cette élimination.

Le plus inquiétant est que rien ne semble remettre en cause les choix effectués depuis plusieurs mois.

Combien d’échecs faudra-t-il encore pour admettre que Vladimir Petkovic n’était probablement pas l’homme de la situation ?

Combien de compétitions faudra-t-il laisser passer avant de reconnaître que les moyens considérables investis n’ont pas produit les résultats attendus ?

Le football algérien mérite un projet sportif ambitieux, une vision claire et une culture de la responsabilité.

Aujourd’hui, l’impression qui domine est celle d’une gestion où les décisions sont prises sans véritable évaluation des performances, où la confiance est renouvelée avant même que les résultats ne la justifient.

Les supporters algériens, eux, ne retiendront qu’une chose : une nouvelle occasion manquée. Et, une fois de plus, ce sont eux qui paient le prix d’une gouvernance dont les choix interrogent de plus en plus.

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