Ancien footballeur, Karim Zeribi a effectué trois saisons comme stagiaire professionnel au FC Rouen puis au Stade Lavallois, avant de s’engager dans une carrière politique qui l’a conduit jusqu’au Parlement européen, où il a été député européen. Observateur passionné du football algérien, il livre à ShootAfrica son analyse de l’élimination des Fennecs face à la Suisse, son regard sur le bilan de Vladimir Petkovic et sa vision des changements qu’il estime indispensables pour permettre à l’Algérie de retrouver les sommets du football africain et mondial.
L’élimination de l’Algérie face à la Suisse en Coupe du monde continue de susciter de nombreuses réactions. Ancien footballeur, Karim Zeribi livre son analyse de la prestation des Fennecs, se prononce sur l’avenir de Vladimir Petkovic et expose sa vision pour reconstruire durablement la sélection nationale.
1. Comment avez-vous trouvé l’Algérie face à cette équipe de Suisse ?
Karim Zeribi : « Comme l’ensemble de la communauté nationale, composée des Algériens vivant au pays comme de ceux de la diaspora, j’attendais énormément de cette rencontre. Sur le papier, la Suisse était un adversaire largement à la portée de notre équipe nationale. Au final, j’ai été profondément déçu, aussi bien par le résultat que par la manière.
J’ai vu une équipe qui a manqué d’agressivité dans le bon sens du terme, incapable de remporter suffisamment de duels. Sur le plan offensif, les choix tactiques continuent de poser question et je n’ai pas retrouvé la détermination que l’on est en droit d’attendre de joueurs qui disputent une Coupe du monde.
Une Coupe du monde représente le tournoi d’une vie, aussi bien pour une nation que pour un staff ou des joueurs. Dans une telle compétition, chacun a le devoir de tout donner pour le maillot vert et blanc. Malheureusement, je n’ai pas ressenti cet engagement total, et c’est ce qui me déçoit le plus. »
2. Vladimir Petkovic doit-il rester à la tête des Fennecs ?
Karim Zeribi : « À mes yeux, il faut tirer toutes les conséquences de cet échec. Les objectifs fixés n’ont pas été atteints et le sélectionneur, ainsi que son staff, doivent en assumer la responsabilité.
Personnellement, je n’ai jamais été convaincu ni par ses compositions d’équipe, ni par ses choix tactiques. Mais au-delà de l’aspect technique, ce qui m’a le plus frappé, c’est le manque d’âme de cette équipe. Un sélectionneur doit être capable de créer un groupe uni, solidaire, prêt à se battre les uns pour les autres et à défendre les couleurs de son pays avec fierté.
Je pense donc qu’un nouveau cycle doit s’ouvrir avec un nouveau staff technique, capable de répondre aux attentes immenses du peuple algérien. »
3. Quelle doit être la suite pour l’équipe nationale ?
Karim Zeribi : « Je le dis avec beaucoup de sincérité : je pense qu’il est temps de confier les rênes de la sélection à un entraîneur algérien. Historiquement, les plus grandes réussites de notre équipe nationale ont été obtenues sous la direction de techniciens algériens.
Il ne s’agit pas d’une question de nationalité ou de fermeture d’esprit. Lorsque les compétences existent chez nous, pourquoi aller les chercher ailleurs ? L’Algérie possède des entraîneurs et des cadres capables de porter un véritable projet sportif.
Le futur sélectionneur devra parfaitement connaître le championnat national tout en ayant une vision internationale du football. Il faudra reconstruire un collectif solide en s’appuyant sur un staff 100 % algérien.
Notre véritable force a toujours été de réussir à unir les talents issus du championnat local avec ceux de la diaspora. Le potentiel est immense. Il est désormais indispensable d’investir davantage dans la formation des jeunes, de structurer le développement du football national et de faire confiance à nos anciens internationaux, qui souhaitent mettre leur expérience au service du pays.
Enfin, je tiens à saluer le peuple algérien, qui reste fidèle à son équipe dans les victoires comme dans les défaites. Malgré cette immense déception, je garde espoir. Je suis convaincu que l’Algérie redeviendra une grande nation du football, inch’Allah. »

