L’élimination de l’Algérie face à la Suisse n’est pas seulement un échec sportif. Elle révèle une nouvelle fois les limites d’un sélectionneur qui, depuis son arrivée, semble incapable d’incarner pleinement la mission qui lui a été confiée.
Après la défaite, Vladimir Petkovic a surpris tout le monde. Au lieu de mettre en avant le combat de ses joueurs, de reconnaître la déception du peuple algérien et d’assumer ses propres responsabilités, il a surtout multiplié les compliments envers la Suisse, son ancienne sélection, saluant sa qualité, son organisation et sa maîtrise. Une attitude qui a profondément choqué de nombreux supporters et observateurs.
Un sélectionneur national n’est pas un simple technicien. Il est le premier défenseur de son équipe, le porte-parole d’un vestiaire et d’un pays. Même dans la défaite, son premier devoir est de protéger ses joueurs, de reconnaître leurs efforts et d’assumer ses propres erreurs. En donnant le sentiment que son admiration allait davantage vers l’adversaire que vers son propre groupe, Vladimir Petkovic a envoyé un message désastreux.
Le problème est d’autant plus grave que cet épisode s’ajoute à une longue série de décisions contestées. Choix tactiques incompréhensibles, compositions discutables, absence de véritable numéro 9 contre la Suisse, maintien de joueurs en difficulté malgré leurs performances insuffisantes… Le Mondial n’a fait que confirmer les doutes qui existaient déjà depuis plusieurs mois.
À cela s’ajoute une communication qui déconnecte totalement le sélectionneur des attentes des Algériens. Expliquer qu’une qualification en huitièmes ou en seizièmes représente déjà un « excellent résultat » pour une nation aussi ambitieuse que l’Algérie revient à abaisser dangereusement les standards de cette sélection. Ce discours est en contradiction avec les moyens qui lui ont été accordés et avec les objectifs affichés avant la compétition.
Il est également difficile d’oublier que Vladimir Petkovic bénéficie probablement des meilleures conditions de travail jamais offertes à un sélectionneur de l’Algérie : un salaire parmi les plus élevés du continent, un soutien constant de la Fédération, un contrat prolongé juste avant la Coupe du monde malgré une élimination décevante lors de la précédente CAN et des critiques déjà nombreuses.
Malgré cette confiance exceptionnelle, le bilan reste insuffisant. L’Algérie n’a montré ni identité de jeu claire, ni progression tactique significative, ni capacité à rivaliser avec les meilleures nations lorsque le niveau s’est élevé.
Le débat ne doit pas porter sur les origines de Vladimir Petkovic ou sur sa nationalité. Il doit porter sur son travail, son management et son engagement envers la sélection algérienne. Ce sont ces éléments qui doivent être jugés.
Aujourd’hui, une question s’impose : si un entraîneur bénéficiant d’autant de moyens, de temps et de soutien échoue à convaincre sportivement tout en donnant l’impression de ne pas défendre prioritairement son propre groupe dans les moments difficiles, quelles raisons objectives justifient encore son maintien ?
Pour le bien de la sélection nationale, la réponse paraît désormais évidente : un nouveau cycle doit commencer.

