L’Union Sportive de la Medina d’Alger (USMA) vient une nouvelle fois d’être sanctionnée par la Confédération Africaine de Football (CAF) pour l’usage de fumigènes par ses supporters lors d’une rencontre de compétition continentale. Face à cette récurrence des pénalités infligées aux clubs algériens, la Fédération Algérienne de Football (FAF) a réagi en publiant un communiqué appelant les supporters à ne plus utiliser ces engins pyrotechniques.
Une initiative louable ? Peut-être. Mais une question se pose avec insistance : pourquoi cette prise de conscience subite uniquement lorsque nos clubs sont engagés en compétitions africaines ? Pourquoi cette rigueur ne s’applique-t-elle pas à nos stades tout au long de la saison, lors des matchs du championnat national ?
Une incohérence criante
Dans les compétitions nationales, l’usage des fumigènes est toléré, voire même encouragé par certains acteurs du football. Il n’est pas rare d’entendre des commentateurs exalter l’ambiance « spectaculaire » créée par ces feux de Bengale, contribuant ainsi à banaliser leur dangerosité. Pourtant, il est indéniable que ces dispositifs présentent des risques réels : brûlures, émanations toxiques, troubles de la visibilité et, par conséquent, interruptions de matchs qui portent préjudice aux équipes elles-mêmes.
Si les instances dirigeantes réagissent promptement lorsqu’il s’agit d’éviter des sanctions financières et disciplinaires de la CAF, pourquoi ne pas appliquer la même rigueur au quotidien, dans notre propre championnat ? Adopter une politique de « deux poids, deux mesures » ne fait que perpétuer une culture de l’impunité.
Un changement de mentalité nécessaire
Il est temps que les autorités sportives adoptent une approche cohérente et responsable sur cette question. L’usage des fumigènes ne peut pas être condamné d’un côté et toléré, voire glorifié, de l’autre. La FAF, la Ligue de Football Professionnel (LFP), les clubs et les instances de sécurité doivent s’engager dans une lutte réelle et durable contre cette pratique.
Cela passe par une communication claire, des campagnes de sensibilisation en profondeur, mais aussi des sanctions appliquées de manière systématique à tous les niveaux. Car un stade sans fumigènes n’est pas un stade sans ambiance, mais un stade plus sûr pour tous.
À bon entendeur…

