Paris, 30 juin 2025 – Les syndicats de France Télévisions et de l’INA ont appelé à une grève illimitée à partir de ce jeudi pour protester contre le projet de réforme porté par Rachida Dati, ministre de la Culture. Cette réforme, qui prévoit de regrouper les principaux médias du service public au sein d’une entité unique baptisée France Médias, est jugée dangereuse et précipitée par les représentants du personnel.
Les syndicats sonnent l’alerte : « On sacrifie l’audiovisuel public »
Sous couvert de rationalisation, la réforme Dati vise à fusionner France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l’INA. Les syndicats dénoncent un projet qui menace l’indépendance éditoriale, affaiblit les chaînes régionales, et ouvre la voie à une logique de rentabilité contraire aux missions du service public.
« Cette réforme est une attaque frontale contre la diversité des contenus, le pluralisme et les conditions de travail. Elle est menée sans concertation, dans une urgence politique incompréhensible », fustige un représentant du SNJ (Syndicat National des Journalistes).
Les salariés redoutent une centralisation autoritaire, une perte d’autonomie des rédactions et des coupes budgétaires massives, synonymes de suppressions de postes et de précarisation des métiers.
Un mouvement de grève inédit en préparation
La grève annoncée pour jeudi 4 juillet 2025 s’annonce massive. De nombreuses antennes de France 2, France 3, Franceinfo et des rédactions régionales pourraient être perturbées, voire à l’arrêt. Les syndicats appellent à une mobilisation nationale, avec des rassemblements prévus à Paris et en régions.
La colère est d’autant plus forte que ce projet, qui transforme en profondeur l’organisation de l’audiovisuel public, a été lancé sans véritable débat public ni étude d’impact transparente.
Rachida Dati dans la tourmente
Portée par la ministre de la Culture, Rachida Dati, la réforme est vue par ses détracteurs comme une opération politique de communication, voire de mise au pas.
« Rachida Dati veut un service public pilotable politiquement, centralisé, où les contre-pouvoirs sont affaiblis. Nous disons non ! », alerte un syndicaliste de l’INA.
Même au sein de la majorité présidentielle, des voix s’élèvent contre la méthode brutale employée. Certains élus s’inquiètent des conséquences pour les territoires et pour la création audiovisuelle française.
Vers un bras de fer durable ?
Face à l’absence de réponse du ministère, les syndicats annoncent qu’ils n’envisagent pas de lever le mouvement tant que le projet ne sera pas suspendu. Une pétition nationale circule en parallèle, et des actions de visibilité sur les antennes sont en préparation.
Cette mobilisation marque un tournant dans le combat pour la défense du service public audiovisuel. Les syndicats entendent rappeler à l’opinion publique que l’information, la culture et la création ne peuvent être gouvernées comme une entreprise privée.
👉 Shootafrica exprime toute sa solidarité avec ses confrères et consœurs de France Télévisions et de l’INA, engagés dans ce combat pour la défense d’un audiovisuel public indépendant et pluraliste

