Mise au point : L’injustifiable oubli de Djamel Belmadi dans le panorama des entraîneurs africains

L’article publié par la CAF sur « l’essor des entraîneurs africains » est louable dans sa volonté de valoriser les techniciens du continent, longtemps relégués au second plan au profit d’entraîneurs européens. Toutefois, il est étonnant — voire incompréhensible — que ce panorama fasse l’impasse sur l’un des plus grands artisans de cette révolution : Djamel Belmadi. Cet oubli mérite une mise au point rigoureuse.

Djamel Belmadi n’est pas simplement un entraîneur parmi d’autres. Son parcours à la tête de l’équipe nationale algérienne est l’exemple parfait de la compétence, de la vision tactique et du leadership que peuvent incarner les entraîneurs africains. Dès sa nomination en 2018, il a transformé une équipe en perte de vitesse, redonnant confiance à un groupe en pleine reconstruction, en y intégrant à la fois des cadres expérimentés et de jeunes talents.

Son palmarès parle de lui-même : il remporte la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2019 avec brio, offrant à l’Algérie son deuxième sacre continental après 29 ans d’attente. Mais au-delà du trophée, c’est surtout la manière qui impressionne : un jeu dynamique, cohérent, une rigueur tactique et une capacité d’adaptation face à des adversaires variés. Sous sa houlette, l’Algérie a également enregistré un record exceptionnel de 35 matchs consécutifs sans défaite, égalant des séries historiques, toutes sélections confondues.

Dans un contexte où l’article met en avant la montée des entraîneurs locaux, comment peut-on omettre celui qui a donné une véritable démonstration de ce que peut être un coach africain moderne, méthodique, charismatique et compétent ? Belmadi est la preuve que les entraîneurs du continent peuvent rivaliser avec les meilleurs standards internationaux, non seulement en termes de résultats mais aussi en termes de gestion de groupe et de vision footballistique.

L’influence de Belmadi dépasse les frontières algériennes : il a inspiré d’autres fédérations à faire confiance aux techniciens locaux. Son modèle est observé et parfois repris par plusieurs sélections africaines qui veulent construire dans la durée.

Il serait donc judicieux que la CAF rectifie cet oubli manifeste. Si l’objectif est de promouvoir et de rendre hommage aux figures emblématiques du coaching africain, il est impératif que Djamel Belmadi figure au premier plan de cette liste. Ne pas le mentionner revient à nier l’un des plus éclatants succès du football africain de la dernière décennie.

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