Le procès tant attendu des anciens dirigeants de la Fédération algérienne de football (FAF) s’est ouvert le mardi 13 octobre 2026 devant le pôle pénal national économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed, à Alger. Après six reports successifs, cette première audience a permis de formaliser les accusations et de poser les bases d’un débat judiciaire complexe, marqué dès les premières heures par de vives contestations de la part de la défense.
Au total, quatorze prévenus sont poursuivis dans cette affaire de corruption présumée. Parmi eux figurent trois anciens présidents de la FAF ayant exercé entre 2017 et 2023 : Kheïreddine Zetchi, Charaf-Eddine Amara et Djahid Zefizef. À leurs côtés comparaissent également d’anciens secrétaires généraux, à l’instar de Mohamed Saâd et Mounir Debichi, ainsi que l’ex-directeur de l’administration et des finances, Abdelghani Nekkache.
Des accusations de malversations financières
L’enquête pénale repose sur les dispositions de la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption. Les charges retenues contre les prévenus englobent le dilapidation de deniers publics, l’abus de fonction ainsi que la conclusion de contrats en infraction avec la réglementation en vue d’accorder des avantages injustifiés à des tiers.
L’instruction pointe notamment des irrégularités dans la signature de conventions commerciales et de marchés publics. Si les responsabilités directes varient selon les mandats, l’accusation reproche aux successeurs de Kheïreddine Zetchi de ne pas avoir dénoncé ou rompu les contrats litigieux initiés avant leur prise de fonction.
La défense pilonne la procédure
Dès la lecture de l’acte d’accusation par la présidente du tribunal, les collectifs d’avocats de la défense ont articulé leur stratégie autour de plusieurs exceptions de procédure, visant à fragiliser les bases matérielles du dossier :
- Contestation du rapport de l’IGF : Les avocats ont unanimement réclamé l’annulation du rapport d’expertise établi par l’Inspection générale des finances (IGF). Ils soutiennent que le document comporte des vices de forme majeurs et omet de mentionner l’identité des experts assermentés ayant mené les investigations. La juge a décidé de joindre cette demande au fond.
- Contestation de la partie civile : La défense a soulevé une exception d’incompétence concernant la FAF actuelle, qui s’est constituée partie civile. Les avocats ont plaidé l’existence d’un conflit d’intérêts institutionnel, soulignant que l’actuel président de la fédération, Walid Sadi, cumule ses fonctions avec celles de ministre de la Jeunesse et des Sports.
Après une suspension d’audience, les débats ont repris dans l’après-midi, alors que les représentants de l’actuelle direction de la FAF étaient signalés absents. Cette première journée s’est concentrée sur l’examen de ces vices de procédure de forme, retardant le début des auditions approfondies sur le fond des transactions financières incriminées. Les audiences doivent se poursuivre dans les prochains jours pour entendre les déclarations des principaux accusés.

