Située au cœur de l’espace méditerranéen, la ville de Béjaïa est bien plus qu’une perle de la Kabylie algérienne. Berceau d’une histoire riche et fascinante, elle a su forger, à travers les siècles, une identité unique où se mêlent culture, patrimoine et passion du football. Jadis capitale du royaume hammadide, cette ville portuaire a rayonné sur la Méditerranée, allant jusqu’à donner son nom aux fameuses petites chandelles, les « bougies ».

Mais Béjaïa est également un creuset exceptionnel de talents, un sanctuaire du football où sont nés et ont grandi certains des plus grands joueurs de l’histoire du ballon rond.
Un vivier inépuisable de champions
Difficile de parler de football sans évoquer Zinédine Zidane, l’icône absolue du football français et mondial. Le maestro, champion du monde 1998, triple vainqueur de la Ligue des champions en tant qu’entraîneur du Real Madrid et Ballon d’Or, tire ses origines du village de Boukhlifa, non loin de Béjaïa.
Autre monument du football, Karim Benzema, Ballon d’Or 2022, natif de Lyon mais dont les racines plongent à Ath Jellil, dans la daïra de Seddouk, à 40 km de Béjaïa. L’ancien capitaine du Real Madrid, quadruple vainqueur de la Ligue des champions, est une fierté kabyle et un exemple de réussite pour toute une génération.
Même Kylian Mbappé, la superstar du football mondial et joueur du Real Madrid trouve une partie de ses racines à Béjaïa, par sa mère originaire du village d’Amizour, à une quinzaine de kilomètres du chef-lieu de la wilaya.

Une histoire de transmission
Bien avant eux, un autre géant avait porté haut les couleurs de l’Algérie et du football mondial : Mustapha Dahleb. Ancienne gloire du Paris Saint-Germain dans les années 70 et 80, ce virtuose du ballon rond a laissé une empreinte indélébile sur les terrains européens.

L’héritage de Béjaïa dans le football ne s’arrête pas là. Ahmed Oudjani, l’ancien attaquant du RC Lens, bûté par excellence, a inspiré son fils, Cherif Oudjani, héros de la finale de la CAN 1990, offrant à l’Algérie son premier titre continental.

D’autres noms prestigieux, comme Karim Ziani, Amine Gouiri, Rayan Aït-Nouri, illustrent cet incroyable gisement de talents, portant fièrement l’ADN de cette région sur la scène internationale.

Une passion en souffrance : MOB et JSMB, des clubs en quête de renaissance
Malgré cette généreuse moisson de champions, le football local souffre aujourd’hui d’une gestion chaotique. Les deux clubs emblématiques de la ville, la JSM Béjaïa (JSMB) et le MO Béjaïa (MOB), qui faisaient les beaux jours de la Ligue 1 algérienne, sont aujourd’hui en déshérence. La faute à un manque de vision et de véritables gestionnaires capables de redonner à ces formations leur lustre d’antan.
La passion du football est pourtant toujours présente à Béjaïa, ville surplombée par le mont Gouraya et placée sous la protection de Yemma Gouraya, figure emblématique et légendaire. Il ne manque qu’un souffle de renouveau pour que ces clubs retrouvent leur place au sommet du football national.
Une fierté intemporelle
Béjaïa est et restera une terre de champions. Son héritage footballistique est un véritable patrimoine, témoignage vivant de la passion et du talent ancrés dans l’âme de cette région. Si l’exode de ses meilleurs joueurs vers d’autres horizons est un défi, il est aussi une preuve de la richesse inépuisable de ce terroir.
Le football mondial doit beaucoup à Béjaïa. Une terre où le ballon n’est pas qu’un jeu, mais une véritable tradition, un souffle de vie, un symbole d’excellence.

