Par Yassine Bouali
Alors que de nombreux clubs algériens se débattent dans des crises financières, des conflits internes ou une dépendance aux aides étatiques, un club fait figure d’exception dans ce paysage parfois chaotique : le Paradou Athlétic Club. Discret mais terriblement efficace, le PAC est devenu en deux décennies un modèle d’organisation, de formation et d’autonomie. Un exemple rare, sinon unique, dans le football algérien.

🔹 Une académie d’élite à la base du projet
Créé en 1994, le Paradou AC s’est imposé rapidement comme une référence en matière de formation. Grâce à une vision claire impulsée par Kheireddine Zetchi, le club a misé sur la jeunesse. Une stratégie gagnante, notamment avec la création d’une académie inspirée du modèle européen, en partenariat avec le FC Nantes.
Située à Tessala El Merdja, l’académie du PAC forme chaque année des dizaines de jeunes dans des conditions proches du professionnalisme. L’accent est mis à la fois sur la formation technique, tactique et mentale, mais aussi sur le suivi éducatif. Une philosophie rare dans un football algérien où l’urgence du résultat prime souvent sur la construction.
🔹 Une pépinière de talents pour l’Algérie et l’Europe
Le nom du PAC est aujourd’hui associé à une véritable usine à talents. Le club aligne des réussites spectaculaires : Ramy Bensebaïni, Youcef Atal, Hicham Boudaoui, Adem Zorgane, Yassine Titraoui, entre autres, sont tous passés par le centre de formation du Paradou avant de s’imposer dans des clubs européens et en équipe nationale.
La stratégie du club repose sur une mise en valeur patiente de ses jeunes joueurs, qui intègrent l’équipe première dès 17 ou 18 ans. Cela permet une transition fluide vers le professionnalisme, et une visibilité accrue auprès des recruteurs étrangers.
🔹 Un modèle économique autonome
L’autre spécificité du Paradou AC réside dans son indépendance financière totale. Là où la majorité des clubs algériens dépendent des subventions publiques, le PAC s’autofinance grâce à une politique intelligente de formation et de transferts. Aucun dinar provenant de l’État, de Sonatrach ou de Mobilis ne figure dans son budget.
Le club adopte une gestion rigoureuse, professionnelle, où chaque dinar généré est réinvesti dans la formation, les infrastructures ou l’encadrement technique. C’est cette stabilité économique qui lui permet d’évoluer sereinement, à l’abri des turbulences qui secouent régulièrement les géants historiques du championnat.
🔹 Le choix du jeu et de la patience
Le PAC ne court pas après les trophées ou les coups médiatiques. Son objectif est clair : développer des joueurs, offrir un football basé sur la possession, le mouvement et la technique, et permettre aux jeunes de progresser dans un cadre sain. Cette philosophie se reflète dans le jeu proposé par l’équipe première, souvent saluée pour sa qualité et son audace.
Le club a participé à la Coupe de la CAF en 2019-2020, atteignant la phase de groupes, une performance notable pour un effectif 100 % local et très jeune.
🔹 Un exemple à suivre pour le football algérien ?
Le Paradou AC démontre qu’un autre football est possible en Algérie : un football formateur, transparent, financièrement autonome et tourné vers l’avenir. Alors que de nombreuses voix appellent à une réforme en profondeur du football national, le modèle du PAC offre une feuille de route crédible, inspirée et éprouvée.
Le Paradou ne joue pas dans le même championnat que les autres clubs algériens. Pas sur le plan des points, mais sur celui de la méthode. Et c’est peut-être lui, le vrai champion.
