Portrait : Rayane Yesli, l’Algérien volant aux portes des Fennecs

C’est une énorme découverte sur les réseaux sociaux, le profil du natif de Tizi Ouzou ne laisse personne indifférent, cousin de l’ancien joueur de la JSK et du MOB, Kamel Yesli, le Jeune Rayane, Géant de deux mètres et trois centimètres (2,03) est en train de marquer de son empreinte la Canadian premier League, qui lui a consacré un long papier dont voici l’intégralité.

Dernier rempart d’une équipe de Valour qui a réussi son début de championnat, Rayane Yesli réalise depuis le début de la saison des performances à la hauteur de celle de son équipe. Une évolution logique pour le gardien de 23 ans, qui franchit les paliers d’année en année, qui se donne les moyens de réussir et qui multiplie les arrêts spectaculaires.


Invaincu lors des quatre premières journées de championnat, le Valour FC de Winnipeg est installé à la 3e place du classement. Elle a retrouvé des couleurs après une année 2022 plus difficile, au cours de laquelle le club a changé de coach et a manqué les séries éliminatoires. Rayane Yesli, qui a multiplié les parades spectaculaires dans les premiers matchs, savoure cette belle entame, qu’il estime méritée. « On a fait une belle préparation et la première victoire était une suite logique. Ce qui nous embête plus, c’est le nombre de blessures en ce moment. On aurait par exemple aimé prendre les 3 points lors du dernier match, mais j’ai confiance dans cet effectif », explique-t-il.

À Winnipeg, l’objectif est de se qualifier pour les séries éliminatoires, ce que le club n’est jamais parvenu à réaliser depuis sa création. Rayane Yesli, qui entame sa deuxième saison au club, estime qu’il faudra se montrer plus réaliste offensivement que l’an passé pour franchir ce cap. Un élément qui a pu manquer l’année dernière, mais qui semble se régler en ce début de saison, puisque le club du Manitoba a déjà marqué quatre fois. Seules trois équipes ont fait mieux pour l’instant.

Au milieu de ces performances abouties, la défaite contre les amateurs du TSS Rovers en Championnat canadien fait tâche. « C’est une erreur de parcours », relativise le gardien. « Il n’y a pas le feu. On leur a donné la chance de marquer, ce qui les a mis en confiance. Il faut qu’on apprenne de ce match, c’est sûr, mais il faut être capable de passer à autre chose, ce qu’on a plutôt réussi à faire dans les semaines qui ont suivi », explique-t-il.

La Ligue 1 française pour s’entraîner

Rayane Yesli a prouvé qu’il était largement parvenu à oublier cet accroc. Contre Halifax, lors de la quatrième journée, il est parvenu à garder sa cage inviolée, en allant chercher de façon spectaculaire un ballon dans sa lucarne, sur un coup franc de Daniels. Un arrêt déterminant. Lors de la journée précédente, c’est Ali Musse, du Cavalry, qui s’est heurté au portier. Dans les toutes dernières secondes de la rencontre, le natif de Tizi Ouzou a étendu ses 2m03 pour détourner le ballon et préserver le match nul. En somme, le gardien a fait gagner des points à son équipe.

Le gardien canado-algérien, arrivé à Montréal à l’âge deux ans, confirme ainsi son potentiel entrevu l’an passé. Doublure à cette époque de Jonathan Sirois, qui multiplie aujourd’hui les titularisations en MLS au CF Montréal, Rayane Yesli est parvenu à lui prendre sa place pendant neuf rencontres en 2022. Un signe encourageant? « Ce n’est pas un élément auquel je pense particulièrement, dit-il. J’ai toujours eu confiance en moi, en ma capacité à être dominant dans cette ligue. Je me suis préparé à ça depuis longtemps, mais dans le foot, il ne faut pas penser avec des “si”. Je pense réellement être en mesure de progresser, d’atteindre le plus haut niveau, mais, en tant que gardien, il y a un cheminement logique à suivre. C’est ce que je suis en train de faire et cette année fait partie de ma progression », explique-t-il.

Soucieux d’arriver dans les meilleures dispositions pour cette saison, Rayane Yesli s’est maintenu en forme cet hiver, mais pas de n’importe quelle façon. Le gardien est allé s’entraîner au sein de l’AC Ajaccio, club de Ligue 1 française, pendant deux semaines. Une expérience précieuse, rendue possible grâce à l’entraîneur des gardiens du Valour FC et de son agent. « Ce n’était pas un essai, même si évidemment il y a toujours des yeux qui trainent dans des clubs de ce niveau-là. C’était vraiment pour m’entraîner, pour garder la forme. » 

Après quelques entraînements avec la réserve, Rayane Yesli a rejoint le groupe de Ligue 1 et a côtoyé notamment Youcef Belaïli, un international algérien extrêmement connu dans son pays, ou Romain Hamouma, qui compte 350 matchs de Ligue 1. « C’était vraiment bien de voir la qualité des entraînements et la vitesse à laquelle ça va. Au niveau de l’entraînement des gardiens, c’est vraiment un style unique en France. Il y a beaucoup d’emphase sur la rapidité, la vivacité, les déplacements, les appuis. C’est un entraînement très différent, que j’ai trouvé très physique. C’était très positif. J’avais aussi pour objectif de mesurer si ce niveau était atteignable et, à vrai dire, je me suis senti à l’aise », dit-il, sans aucune forme de prétention.

Déterminé à réussir

Sa volonté de percer dans le football ne date pas d’hier. À 17 ans, Rayane Yesli apprend qu’il n’est pas conservé par l’Académie du CF Montréal. Le club n’est alors pas convaincu de sa capacité à progresser, à atteindre le niveau requis, explique-t-il. Déterminé à ce que sa « vie ne soit que du foot », il fait aussitôt ses valises pour l’Italie, en Série D, à Vibonese. 

Là-bas, une fois les visas obtenus, le jeune gardien fait ses gammes. Remplaçant, il joue un match. Son équipe est promue en Série C et lui propose un contrat pro, en lui indiquant vouloir le prêter en Série D afin qu’il joue. Les clubs intéressés n’emballent pas le jeune homme, qui préfère rentrer au Canada. Il intègre le circuit universitaire aux Carabins de Montréal, avant de rejoindre Blainville en 2021, en Première Ligue de soccer du Québec (aujourd’hui Ligue1 Québec).

Cette expérience italienne, à la sortie de l’adolescence, a encore un impact sur le joueur qu’il est. « Techniquement, les Italiens m’ont transformé. J’ai appris des choses qui me servent encore aujourd’hui, d’autant que l’école italienne est selon moi la meilleure école de gardien de but. Je suis vraiment fier et content d’être allé là-bas. » Un bénéfice aujourd’hui pour Valour, qui peut compter sur un gardien qui a montré une grande fiabilité en ce début de championnat et tape aux portes des Fennecs. Retenez bien ce nom

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: